
Rassemblement Républicain
Face aux violences et aux dégradations qui ont touché plusieurs villes de France ces derniers jours, notamment des bâtiments publics et des commerces, l'Association des maires de France appelle les communes à se mobiliser partout dans le pays.
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Publié le lundi 19 octobre 2026
Face aux violences et aux dégradations qui ont touché plusieurs villes de France ces derniers jours, notamment des bâtiments publics et des commerces, l'Association des maires de France appelle les communes à se mobiliser partout dans le pays.
La Ville de Valserhône s’est jointe à cet appel et a invité les habitants à se retrouver ce lundi à 18h devant l’Hôtel de Ville.
Découvrez le discours prononcé par Mme la Maire lors de ce rassemblement :
Mesdames, Messieurs les élus, chers commerçants, chers représentants de nos associations et de la société civile, chers habitants de Valserhône,
Merci d'être là ce soir.
Nous sommes réunis en réponse à l'appel de l'Association des maires de France, après les violences et les dégradations qui ont touché plusieurs villes de notre pays ce samedi 17 octobre, notamment des bâtiments publics et des commerces.
Samedi, partout en France, des centaines de milliers de personnes ont manifesté contre la vie chère. C'est notamment la colère des gens qui travaillent et qui demandent simplement à vivre dignement.
C'est aussi la colère de notre jeunesse. Une jeunesse inquiète pour ses études, pour son avenir, face à l'intelligence artificielle, au dérèglement climatique et à un monde de plus en plus instable.
Le 14 octobre, nous lui avons donné la parole. Aux jeunes présents ce soir, nous le redisons : vous avez votre place ici, et votre voix compte.
Et derrière toutes ces colères, il y en a une qui les relie : celle de ne pas être écouté. Le sentiment que tout se décide dans un bureau, loin de ceux qui en subissent les conséquences. Ce sentiment, nous devons l'entendre.
Mais ce week-end, c'est la République elle-même qui a été attaquée. Des mairies incendiées. Des bâtiments publics saccagés. Des commerces pillés. Des centaines de policiers, de gendarmes et de pompiers blessés, et de simples manifestants également.
Nous condamnons ces violences avec la plus grande fermeté. Ceux qui les ont commises ont trahi celles et ceux qui manifestaient pacifiquement : chaque vitrine brisée devient une excuse pour ne pas entendre leurs revendications.
Nous remercions les forces de l'ordre et les secours. Mais nous posons aussi des questions. Comment autant de villes ont-elles pu être livrées aux casseurs en quelques heures ? Nos policiers et nos gendarmes sont-ils assez nombreux, assez formés, assez soutenus ? Et nous ne pouvons pas nous taire quand des jeunes venus manifester en ressortent mutilés. La doctrine du maintien de l'ordre doit être interrogée.
Derrière nous, trois mots : Liberté, Égalité, Fraternité.
Trois mots que nous connaissons tous, mais qui prennent une importance particulière lorsque notre société traverse des moments de tension.
- La liberté, d'abord.
C'est la liberté de s'exprimer, de manifester, de contester, de faire entendre sa voix, y compris lorsque cette voix exprime de la colère.
C'est aussi la liberté de vivre, de travailler et de circuler en sécurité, sans craindre les violences ou les destructions.
Ces libertés doivent pouvoir coexister. Et aucune ne doit être oubliée au profit d'une autre.
- L'égalité, ensuite.
Nous ne pouvons pas ignorer les inquiétudes qui traversent notre société. Les difficultés du quotidien, les inégalités, le sentiment d'injustice ou de ne plus être entendu. Ces colères existent. Elles méritent d'être écoutées et comprises.
Condamner fermement les violences, comme nous le faisons aujourd'hui, ne signifie pas ignorer les revendications qui s'expriment. Une démocratie doit être capable d'entendre les désaccords et de chercher à y apporter des réponses.
- Enfin, la fraternité.
C'est sans doute ce qui nous réunit le plus directement ce soir. Notre solidarité va aux habitants, aux commerçants, aux agents publics et aux élus des communes touchées.
Mais elle va aussi à toutes celles et ceux qui ont été blessés au cours des manifestations, notamment parmi les manifestants. Aucune souffrance ne doit être ignorée.
Partout, on nous pousse à choisir un camp contre l'autre. Les jeunes contre les anciens. Les manifestants contre les commerçants. Les frontaliers contre ceux qui travaillent ici. Un quartier contre un autre. Cette polarisation nourrit la colère, et la colère nourrit la violence.
Je sais ce que c'est de ne pas être d'accord. Pendant des années, j'ai siégé dans l'opposition aux côtés de Guy. Nous avons contesté, voté contre, défendu d'autres projets. Mais toujours par la parole et par le vote. La démocratie a besoin de désaccords. Elle n'a jamais besoin de violence.
En tant qu'élus locaux, nous avons une responsabilité particulière : faire vivre ces valeurs au quotidien, rester à l'écoute et préserver les espaces de dialogue. Car la démocratie ne se résume pas à un bulletin de vote. Elle se construit chaque jour, dans nos échanges, nos engagements et notre capacité à agir ensemble.
Liberté, Égalité, Fraternité : ces trois valeurs sont indissociables. Et c'est ensemble que nous devons continuer à les faire vivre.
À Valserhône, nous voulons vivre ensemble. Mais le vivre ensemble ne se décrète pas. Dans les mois qui viennent, les élus iront à votre rencontre, quartier par quartier. Et surtout à la rencontre de ceux que l'on n'entend jamais : ceux qui ne viennent pas aux réunions, ceux qui se sentent oubliés, ceux qui ne votent plus, ceux qui pensent autrement que nous.
Et à chacune et chacun d'entre vous, nous demandons une seule chose ce soir : en repartant d'ici, allez parler à quelqu'un que vous ne connaissez pas. C'est comme ça que commence la fraternité.
Cette mairie est votre maison, la maison de tous. Faisons-la vivre ensemble.
